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Portrait Métier : Sophie Namer et Sarah Touboul, Magistrates au Tribunal Administratif de Toulouse

Portraits - Métiers

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22/04/2020

Sophie Namer et Sarah Touboul
  Magistrates Rapporteures

 
   Structure : Tribunal Administratif de Toulouse
  

  


Mon manque d’expérience m’a été reproché pour mon premier concours.

Je conseille à ceux qui souhaitent passer le concours externe d’effectuer un stage en juridiction ou d’avoir une première expérience professionnelle dans le domaine juridique



     

       Parcours professionnel :

Sophie Namer :
      - Magistrate au Tribunal administratif de Limoges (2017-2019) 
      - Magistrate au Tribunal Administratif de Toulouse (6ème chambre- septembre 2019)

Sarah Touboul :
      - Assistante de justice, Tribunal administratif de Poitiers (2016)

      - Magistrate au Tribunal Administratif de Toulouse (4ème chambre - juillet 2017 à juin       2019 puis 1ère chambre depuis juillet 2019)

       Parcours de formation :

Sophie Namer :
       -  Magistère Droit Public des Affaires, Fac de droit de Montpellier (2010-2013)         
       -  M2 Droit Contentieux publics, Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (2013-2014)
       - Concours externe en 2016 

Sarah Touboul :
      - M2 administration internationale, Université Paris II-Panthéon-Assas 
 



Pouvez-vous décrire votre quotidien professionnel ?

Une semaine type se déroule de cette façon : nous travaillons sur différents dossiers en vue de les inscrire à une audience : notre rythme implique de travailler sur trois audiences à la fois, pour préparer les dossiers (recherches, rédaction d’une note et d’un projet de jugement) et reprendre les dossiers après audience. 

Dans chaque chambre, nous sommes 4 à 5 magistrats ; 1 président, un rapporteur public et 2 ou 3 rapporteurs. Nous avons 200 à 400 dossiers en stock et des audiences collégiales toutes les deux semaines.

Nous avons également l’occasion de présider des commissions administratives et notre quotidien peut alors devenir très varié (participation à des jurys, tels que celui du CAPA - Certificat d’Aptitude à la Profession d’Avocat - école d’avocat de Toulouse - cours à la fac, commissions des impôts, conseils de discipline de la fonction publique territoriale…).
Nous utilisons, pour effectuer des recherches dans le cadre de la préparation de nos dossiers contentieux, les bases de données Ariane, Ariane Archive et LegiFrance. Ce sont nos principaux outils de travail, même si nous pouvons également consulter les bases de données juridiques des éditeurs. »


Qu’est-ce que vous aimez dans ce métier ? Qu’est-ce que vous aimez moins ?

Sophie Namer: « Je suis passionnée par le droit, la recherche d’un raisonnement juridique, et la matière urbanisme que je traite principalement dans mes fonctions actuelles. A travers la réflexion sur chaque dossier se dessinent les grandes règles d’aménagement d’une ville, les choix opérés pour décider du futur de chaque quartier.
Au sein de la formation de jugement, nous nous posons des questions de droit assez poussées et techniques. Nous avons de grandes exigences en termes de rigueur du raisonnement juridique, ce qui est un challenge intellectuel et donne beaucoup d’intérêt à ce métier. Quand il s’agit d’échanger avec les collègues, le débat est particulièrement enrichissant, surtout dans la mesure où le corps des conseillers de tribunal administratif accueille des personnes avec des parcours diversifiés. »

Sarah Touboul : « Pour faire ce métier-là, il faut réellement aimer le droit public. Les dossiers sur lesquels nous travaillons sont variés et posent certaines questions juridiques passionnantes. Le juge administratif a également un rôle social intéressant et j’apprécie la liberté d’organisation et l’autonomie que ces fonctions permettent. »


Pouvez vous nous parler de votre salaire ? 

Le salaire se décompose entre une part fixe et une petite part liée à des primes. En début de carrière, cela revient à environ 2400 euros par mois, sans prime


Quels sont les avantages et inconvénients de votre métier  ?

En tant que rapporteures, nous commençons à travailler seules sur chaque dossier et ensuite nous avons une séance d’instruction avec la chambre pour discuter des différents dossiers (demande un travail de préparation en amont).
Dans ce métier, nous travaillons essentiellement seules et avons un fort degré d’autonomie. Nous sommes également responsables de l’instruction de nos dossiers. Le temps de travail en groupe est assez limité.
L’autonomie, la liberté, la possibilité de travailler régulièrement à notre domicile, et de fixer nos propres horaires font partie des avantages de notre profession, nous avons peu de contraintes organisationnelles.
Les responsabilités qu’apporte ce métier sont aussi un avantage.

Cependant, c’est un métier solitaire et indépendant et le travail en équipe est restreint. La charge de travail est très lourde.
Nous avons, en moyenne, un dossier à traiter chaque jour et ce n’est pas évident.
En début de carrière on ne choisit pas sa chambre (c’est en fonction des départs), après on peut donner son avis. Il faut donc être prêt à faire toutes les matières.


Quelles sont les possibilités d’évolution professionnelle ?

Dans notre métier, il y a un avantage majeur puisque les portes ouvrent à d’autres fonctions : en catégorie A +, il y a la possibilité de faire des mobilités dans d’autres administrations sans avoir à passer le concours d’entrée.


Quelles sont les évolutions de votre métier et de votre secteur d’activité ?

Il est possible de devenir rapporteur public au bout de quelques années.
Pour devenir Président de chambre, il faut attendre entre 15 et 20 ans (d’ancienneté).


Avez-vous rencontré des difficultés au début de votre parcours ?

Quand on débute, il n’y a pas beaucoup de choix en terme d’affectation géographique. Lorsque l’on passe le concours, on ne sait pas quels postes vont être ouverts. C’est lors de la formation initiale qu’on le sait. On peut être affecté dans toute la France métropolitaine ou dans des juridictions d’outre-mer.
Il est possible de demander et d’obtenir sa mutation au bout de 2 ans.

Notre charge de travail est lourde surtout pendant la première et deuxième année.
L’affectation peut être une difficulté ainsi que le fait de travailler en équipe restreinte de 4 à 5 personnes, l’entente n’est pas forcément évidente et il faut s’adapter.


Quelles sont selon vous les formations à suivre pour accéder à ce métier ?

Pour accéder à la formation, 4 modes de recrutements sont possibles : 

-    L’Ecole Nationale d’Administration (ENA avec 3 à 5 postes par an)
- « Tour Extérieur » : admission sur dossier et un oral
- Détachement
-    Concours interne et externe

Le concours externe a lieu une fois par an ; l’écrit est en septembre.
Il y a 3 épreuves : une note de rapporteur, une dissertation, des questions à réponses courtes.
Ensuite deux oraux : un jury composé de 7 personnes avec un oral juridique et un sur la motivation, personnalité, etc… On peut passer le concours 3 fois en tout.
Pour ce concours-là, il y a environ 20 postes par an en externe (200 et 300 inscrits – 40 admissibles)

Une fois admis au concours, il y a une formation de 6 mois dans les locaux du tribunal administratif de Montreuil avec des cours magistraux. Durant cette formation, des dossiers seront à rendre et il faudra faire deux stages (1 en administration et 1 en juridiction). 


Quels conseils donneriez vous a un.e etudiant.e qui envisagerait ce métier ?

Sarah : « Mon manque d’expérience m’a été reproché pour mon premier concours.

Je conseille à ceux qui souhaitent passer le concours externe d’effectuer un stage en juridiction ou d’avoir une première expérience professionnelle dans le domaine juridique. »
La prépa est indispensable (présentiel : Paris ou correspondance).
Choisissez un master en fonction de ce qui vous plait.
Le master 2 Contentieux administratif prépare bien au concours.

Afin d’avoir plus d’expérience, vous pouvez aussi candidater auprès des tribunaux administratifs pour un poste d’assistant de justice, en CDD temps partiel de 2 ans renouvelable. »

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