Retour aux actualités
Article suivant Article précédent

Portrait Métier : Maître Guillaume Suduca, Commissaire-Priseur Judiciaire

Portraits - Métiers

-

03/04/2020


Guillaume  SUDUCA
COMMISSAIRE-PRISEUR JUDICIAIRE

 SUDUCA Commissaire-Priseur 






Je peux faire des ventes de voitures le matin, d’objets d’art l’après-midi et faire une vente aux enchères pour une soirée caritative dans la même journée ! 


Parcours de formation:

  • Master en Droit Privé, sciences criminelles et carrières judiciaires, Université Toulouse Capitole (2012)
  • Licence en Histoire de l’Art, Université Jean Jaurès, Toulouse
  • Préparation Assas, à Paris 
  • Diplôme de Consultant spécialiste du marché de l’art, DROUOT FORMATION à Paris (2013)
  • Diplômé commissaire-priseur volontaire (octobre 2017) et judiciaire (décembre 2017)


Quelles sont vos missions principales ?

Le commissaire-priseur procède à l’estimation et à la vente aux enchères des biens mobiliers : objets, œuvres d’art, meubles, matériel industriel (hormis les biens immobiliers). 

Je réalise tout type de vente, au sein même de l’étude, en ligne ou directement sur place chez le client, pour la vente de l’ensemble du mobilier d’une propriété par exemple. 

Le champ d’activité de mon étude est extrêmement varié : Art du XX°, Art nouveau, Art déco, Design, Mobilier ancien, Objets d’art, Bijoux, Vins & Spiritueux, Véhicules Anciens et de Collections, Tableaux & Dessins, Livres & Manuscrits, Armes et Souvenirs Historiques, Jouets, Timbres…

Il faut distinguer deux possibilités d’exercice : les ventes volontaires, à l’initiative des particuliers et les ventes judiciaires, prescrites par la loi ou par décision judiciaire. 

Le commissaire-priseur judiciaire est un officier ministériel habilité à pouvoir diriger des ventes judiciaires (dans le cadre des procédures collectives, tutelles,… ) 

Le commissaire-priseur de ventes volontaires réalise des ventes d’objet à la demande des particuliers ou des professionnels, mais n’a pas le statut d’officier ministériel et ne peut diriger les ventes judiciaires.  Il travaille au sein de sociétés commerciales déclarées au Conseil des Ventes Volontaires. 

L’obtention du certificat d’accomplissement du stage suffit pour mener des ventes volontaires. En revanche, pour opérer des ventes judiciaires, l’examen d’aptitude judiciaire et l’achat ou la création d’une charge sont nécessaires. 


Qu’est-ce que vous aimez dans ce métier ?

J’ai la chance de pouvoir gérer les ventes volontaires et judiciaires alors que certains professionnels sont spécialisés et n’exercent que dans un seul domaine. Je peux faire des ventes de voitures le matin, d’objets d’art l’après-midi et faire une vente aux enchères pour une soirée caritative dans la même journée !


Quelles sont vos relations dans le cadre professionnel ?

Je collabore avec des experts et je côtoie les clients avec lesquels les rapports humains et la relation de confiance sont extrêmement importants. Nous sommes en relation permanente avec de très nombreux intervenants du marché de l’art ou du monde professionnel pour la partie judiciaire. Je me déplace beaucoup.


Quelles sont les évolutions de votre métier et de votre secteur d’activité ?

La profession connaît d’importantes réformes depuis les années 2000. 

La loi dite Macron de 2015 prévoit la création progressive d’une profession unique, le commissaire de justice, exerçant pleinement toutes les attributions des huissiers de justice et des commissaires-priseurs judiciaires.

Cette fusion impacte l’accès à la profession. Etre titulaire d’une licence de droit et dans le domaine de l’art permettait d’accéder à la formation de commissaire-priseur jusqu’en 2019. La réforme est encore en cours, mais il faudra certainement être titulaire d’un Master 2 pour devenir Commissaire de justice. Chargé de la procédure, des redressements judiciaires et des liquidations, le commissaire de justice aura des fonctions plus « judiciaires ». 

Cette fusion des professions n’empêchera pas de devoir choisir entre « l’industriel » et le mobilier d’art ou les œuvres d’art. Avoir un diplôme en arts restera un avantage. En 2021, il existera, à priori, un cursus complet en licence Marché de l’Art à l’université Jean Jaurès. 


Comment devient-on commissaire-priseur ?

Actuellement, pour devenir commissaire-priseur, il faut être titulaire d’une licence en droit et d’une licence en histoire de l’art (ou arts appliqués ou archéologie ou arts-plastiques).

L’examen d’accès au stage comprend des épreuves écrites d’admissibilité (plutôt universitaires puisqu’il s’agit de dissertations, deux fois quatre heures, art et droit) et des épreuves orales d’admission, épreuves plus pratiques devant un jury de professionnels. 

Il faut ensuite effectuer un stage professionnel de deux ans. Il faut réussir un test intermédiaire après la 1ère année. Au terme du stage, le candidat passe l’examen de Certificat de Bon Accomplissement de Stage, qui lui permet d’effectuer des ventes volontaires. 

En cas d’échec à l’examen, il existe des débouchés dans le milieu du marché de l’art. Être formé en France est un atout à l’international. Beaucoup deviennent galeristes ou commissaires de collection. 

Pour être nommé commissaire-priseur judiciaire, le candidat doit passer un examen supplémentaire, dit « d’aptitude judiciaire », qui comporte des épreuves orales portant sur des matières juridiques, la réglementation professionnelle et la pratique des ventes.

Une vingtaine de commissaires-priseurs sont nommés chaque année. Ce n’est pas beaucoup. 

La formation subie un profond changement, en ce moment, afin d’être informé des évolutions en cours il faut se rapprocher soit du Conseil des Ventes Volontaire, soit de la Chambre Nationale des Commissaires de Justice.


Avez-vous rencontré des difficultés au début de votre parcours professionnel ?

 Longtemps soumis au numerus clausus et conditionné à l’achat d’un office ou de parts d’une société, l’exercice judiciaire a été réformé en 2015 par la « loi Macron » qui instaure la liberté d’installation dans un cadre réglementé. J’ai eu la chance de bénéficier de la création d’un office d’étude judiciaire attribué par tirage au sort.

J’exerce en plus en tant qu’opérateur de ventes volontaires dans la cadre d’une SARL que j’ai créée.  


Quelles sont les formations à suivre selon vous pour accéder à ce métier ? 

Je conseille vivement la Prépa d’Assas qui se déroule pendant un mois au mois de juin. La grande majorité des reçus de ma promotion l’on suivie. Payable au module, elle comporte des enseignements en droit, en histoire de l’art et en comptabilité. 

J’ai suivi une formation pour devenir consultant spécialiste du marché de l’art à l’Hôtel Drouot à Paris.   Cette formation n’a pas pour vocation première de préparer au concours. Et elle est coûteuse (environ 10 000€). En revanche, c’est une une bonne formation qui permet de s’imprégner de la profession. Les cours se déroulent dans les locaux de l’Hôtel Drouot le matin et les après-midis étaient dédiés aux visites en salles de ventes, expositions, galeries, ébénistes, ... 


Quels conseils donneriez-vous à un.e étudiant.e qui envisagerait ce métier ?

Il est conseillé d’avoir une vraie passion dans ce domaine. Il faut être curieux, travailleur et motivé. J’encourage les étudiants à se rendre en salles de ventes et à mixer les stages dans les grandes et petites maisons de ventes.

Je conseiller aussi l’ouvrage intitulé « Droit du marché de l'art » (Ed. Dalloz) de François Duret-Robert, enseignant en droit du marché de l’art, qui est une référence.


100 vues Visites

J'aime

Commentaires0

Veuillez vous connecter pour lire ou ajouter un commentaire

Articles suggérés

Portraits - Métiers

Portrait Métier : Sophie GENIBRE, Responsable de la commande publique

photo de profil d'un membre

Hugo SPIELVOGEL

18 mai

Portraits - Métiers

Portrait Métier : Sophie Namer et Sarah Touboul, Magistrates au Tribunal Administratif de Toulouse

photo de profil d'un membre

Andrea Finkbeiner

22 avril

Portraits - Métiers

Portrait Métier : Henri Becanne, Consultant en solution numérique

CB

Céline Barbacetto

21 avril